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La convention fiscale entre la France et l'Espagne : quel impact sur votre crédit immobilier ?

Quand un acheteur français envisage un crédit immobilier en Espagne, la question de la double imposition revient presque toujours : ses revenus déclarés en France vont-ils être taxés une seconde fois par le fisc espagnol ? La convention bilatérale existante entre les deux pays encadre précisément ce point, pour le crédit comme pour le bien lui-même.

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Un acheteur français est-il imposé deux fois ?

Non : la France et l'Espagne sont liées par une convention de non-double imposition, ce qui signifie qu'un même revenu n'est pas taxé intégralement dans les deux pays. Pour un acheteur qui sollicite un crédit auprès d'une banque espagnole, cette convention ne change rien à la façon dont le prêt est évalué : la banque regarde vos revenus, vos charges et votre stabilité financière, pas votre nationalité fiscale.

En revanche, la convention détermine où et comment seront imposés les revenus liés au bien une fois celui-ci acheté — loyers éventuels, plus-value en cas de revente — ainsi que la manière de déclarer ces revenus en France. Il est recommandé de consulter un conseiller fiscal en France afin de déterminer précisément comment les revenus issus d'un bien situé en Espagne doivent être déclarés dans votre pays de résidence.

La convention fiscale protège contre la double imposition, mais elle n'accélère pas et ne garantit pas l'obtention du crédit : chaque banque espagnole évalue votre dossier selon ses propres critères.

Pourquoi cette question revient si souvent

La convention de non-double imposition signée entre l'Espagne et la France existe précisément pour éviter qu'un même euro de revenu soit taxé deux fois. Beaucoup d'acheteurs confondent pourtant deux questions distinctes : d'un côté, les revenus utilisés par la banque espagnole pour évaluer votre capacité de remboursement ; de l'autre, la fiscalité du bien lui-même une fois qu'il vous appartient.

Pour obtenir un crédit, la banque espagnole analyse vos revenus tels qu'ils apparaissent dans vos documents français — avis d'imposition, bulletins de salaire, relevés bancaires. Aucune taxe espagnole ne s'applique à ce stade : il s'agit d'une simple analyse de solvabilité, pas d'un fait générateur d'impôt.

La convention ne porte pas sur le crédit lui-même : elle concerne les revenus que le bien génère une fois acheté, pas la constitution du dossier de prêt.

Ce que la banque espagnole regarde réellement

Une banque espagnole qui étudie le dossier d'un acheteur résidant en France demande un socle de documents assez stable d'un établissement à l'autre, généralement traduits par un traducteur assermenté et parfois accompagnés d'une apostille selon la banque. L'objectif est de reconstituer, à partir de documents français, une photographie fidèle de vos revenus et de vos charges.

Les banques espagnoles demandent en général aux non-résidents un apport plus important qu'aux résidents espagnols ; la part exacte financée dépend de la banque, du pays et du profil de l'emprunteur, et ne peut pas être annoncée à l'avance. La durée du prêt suit en revanche une logique assez classique, avec un remboursement prévu jusque vers 70-75 ans, selon un taux fixe, variable indexé sur l'Euribor, ou mixte.

NIE

Un numéro, pas un visa

Pour acheter et payer en Espagne, un acheteur non-résident a besoin d'un numéro d'identification fiscale espagnol (NIE) et d'un compte bancaire ouvert en Espagne. Ce numéro ne confère aucun statut de résidence ; il sert uniquement aux démarches fiscales et bancaires.

Ce que change concrètement la convention franco-espagnole

Concrètement, la convention franco-espagnole répartit le droit d'imposer entre les deux administrations fiscales et prévoit des mécanismes pour éliminer la double imposition, le plus souvent sous forme de crédit d'impôt en France pour l'impôt déjà payé en Espagne. Cela concerne les revenus tirés du bien — location, revente — pas le crédit lui-même, qui n'est pas un revenu imposable.

Tant que vous êtes propriétaire non-résident en Espagne, vous devez déposer chaque année une déclaration de revenus des non-résidents (Modelo 210), même si le bien n'est pas loué. Le jour où vous revendez, l'acheteur retient 3 % du prix au titre de l'impôt espagnol potentiellement dû par le vendeur ; ce montant vient ensuite en régularisation lors de votre déclaration. Il est recommandé de consulter un conseiller fiscal en France afin de déterminer comment ces revenus doivent être déclarés dans votre pays de résidence, car la convention ne dispense pas de les mentionner, elle évite seulement qu'ils soient taxés deux fois intégralement.

MomentQui est concernéCe qui se joue
Pendant le remboursement du prêtEmprunteurDéclaration annuelle des revenus liés au bien (Modelo 210)
À la reventeAcheteur du bienRetenue de 3 % du prix au profit du fisc espagnol
Chaque année en FrancePropriétaireDéclaration du bien espagnol selon la convention

Vivre ou simplement séjourner : ce qui change pour un citoyen français

Cette question fiscale n'a rien à voir avec votre droit de circuler. En tant que citoyen français, membre de l'Union européenne, vous bénéficiez de la liberté de circulation et pouvez résider en Espagne sans limitation de durée, sous réserve de vous inscrire auprès des autorités locales si le séjour dépasse trois mois. Les règles de 90 jours sur 180 qui s'appliquent aux ressortissants non européens ne vous concernent pas.

Le dispositif dit « Golden Visa », qui permettait autrefois d'obtenir un titre de séjour par l'investissement immobilier, a pris fin le 3 avril 2025 ; il n'a de toute façon jamais été nécessaire pour un citoyen français, déjà libre de s'installer en Espagne. Autre simplification : la France utilise l'euro, la même monnaie qu'en Espagne, ce qui supprime tout risque de change lors de vos paiements ou transferts liés à l'achat.

Si vous vivez en France

L'Espagne est facilement accessible depuis la France grâce à de nombreuses liaisons aériennes directes, ainsi que par la route pour les régions frontalières, ce qui facilite les allers-retours réguliers. De nombreux Français choisissent d'investir en Espagne pour son climat, sa qualité de vie et la proximité culturelle et linguistique entre les deux pays. Sur le plan pratique, il convient de noter que les règles espagnoles en matière de succession peuvent différer sensiblement du droit français, ce qui justifie une attention particulière lors de la structuration de l'achat. Une bonne compréhension des démarches administratives locales facilite également l'intégration du projet immobilier dans votre patrimoine global.

Ce qu'une banque espagnole vous demandera généralement

Fiscalité chez vous et en Espagne

L'Espagne et la France sont liées par une convention de non-double imposition, et il est recommandé de consulter un conseiller fiscal en France afin de déterminer comment les revenus issus d'un bien situé en Espagne doivent être déclarés dans votre pays de résidence.

Séjourner en Espagne

En tant que citoyen français, membre de l'Union européenne, vous bénéficiez de la liberté de circulation et pouvez résider en Espagne sans limitation de durée, sous réserve de vous inscrire auprès des autorités locales si le séjour dépasse trois mois.

La France utilise l'euro, la même monnaie qu'en Espagne, il n'existe donc aucun risque de change lors de vos paiements ou transferts liés à un achat immobilier.

Questions fréquentes

Vais-je payer un impôt en Espagne sur les revenus que j'utilise pour obtenir mon crédit ?

Non. Les revenus mentionnés dans votre dossier de crédit — salaires, avis d'imposition, relevés bancaires — servent uniquement à la banque espagnole pour évaluer votre capacité de remboursement. Ils ne déclenchent aucune imposition en Espagne à ce stade ; la fiscalité espagnole s'applique seulement une fois que vous êtes propriétaire et que le bien génère, le cas échéant, des revenus locatifs ou une plus-value.

La convention fiscale m'évite-t-elle de déclarer mon bien espagnol en France ?

Non, c'est l'inverse : la convention organise la répartition de l'impôt entre les deux pays et évite la double taxation, mais elle ne vous dispense pas de déclarer le bien et ses revenus éventuels en France. Un conseiller fiscal en France pourra préciser la façon exacte dont ces éléments doivent apparaître dans votre déclaration française.

Dois-je payer deux fois l'impôt si je revends mon bien en Espagne ?

À la revente, l'acheteur retient 3 % du prix, versés au fisc espagnol au titre de votre impôt potentiel sur la plus-value. Ce montant sert ensuite de base à une régularisation : si l'impôt dû est inférieur, la différence vous est restituée. Grâce à la convention, cet impôt espagnol est ensuite pris en compte dans votre situation fiscale française, sans double taxation intégrale.

Le crédit espagnol a-t-il un impact sur mes impôts en France ?

Le crédit en lui-même, contracté auprès d'une banque espagnole pour un bien situé en Espagne, n'est pas un revenu et ne génère pas d'imposition directe en France. Ce sont les revenus éventuels tirés du bien, une fois acheté, qui doivent être déclarés en France selon les règles de la convention franco-espagnole, idéalement avec l'aide d'un conseiller fiscal.

Faut-il un visa pour venir signer chez le notaire en Espagne ?

Non. En tant que citoyen français, vous circulez librement dans l'Union européenne et pouvez vous rendre en Espagne pour signer chez le notaire sans visa ni autorisation particulière. Une inscription auprès des autorités locales n'est nécessaire que si vous prévoyez d'y résider plus de trois mois.

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